Titre volontairement provocateur, qui amorce une vaste réflexion sur le concept de photogénie. J’entends très souvent des gens dire qu’ils ne sont pas photogéniques, qu’ils sont moches sur les photos, quand d’autres sont miraculeusement beaux sur toutes les photos, ou presque. Photogénie ? Non. Photographie.
C’est quoi, la photogénie ? C’est simplement quand une personne est belle, sans grimace, sans défaut, sur une photo ? Non, je ne crois pas que ce soit ça. La beauté, oui. Ça, c’est sûr ; il y a de la beauté dans la photogénie. Beauté plastique ? Beauté anatomique ? Ou simple instant fugace où transparaît la vérité de la personne photographiée ; volatilisée, pouf…
Je ne peux pas nier que la beauté plastique aide à la beauté d’une photographie. Mais pour moi, c’est plus dans la lumière captée par la peau, le regard, le sourire. Il y a des peaux qui captent la lumière, des regards qui scintillent. Il y a aussi des personnalités. Extraverties, ou simplement consciente de leur beauté, de ce qu’elles projettent aux autres, assurées, fières, des personnes que la confiance en soi illumine. Et d’autres, enfermées, repliées, timides et mal assurées, comme si l’objectif du photographe allait les engloutir.
Alors, la photogénie, juste une question de confiance en soi ? Ce serait trop facile, et en même temps très injuste pour les timides, les introvertis, ceux qui trébuchent, qui sont beaux sans qu’ils s’en rendent compte. Et quoi, il faudrait les priver de portrait, sous prétexte qu’ils ne sont pas « photogéniques » ? Foutaises.
Je dis : n’importe qui peut-être beau sur une photo. N’importe qui. De Dédé, l’ancien du village à Laëtita Casta, et vous. Toi, moi, lui là-bas, avec ses cernes et son front barré, elle, qui a du mal à marcher tant elle est grosse.
Allez, j’ose : la photogénie, c’est l’amour. L’amour que le photographe porte à l’art de prendre des gens en photo. Cet oubli de soi, caché derrière un objectif, tout ça pour mettre en valeur quelqu’un, parce qu’il a capté, une seconde, dans cette personne, ce jour-là, cet instant-là, toute la vérité et la beauté. L’amour que le photographe porte aux autres, en général, l’amour inconditionnel du genre humain, celui qui nous dit, tout au fond de nous, que chacun recelle une part de la beauté de ce monde.
Et le boulot du photographe, c’est de trouver cette beauté, de savoir la voir, la regarder, et la capter. Sa technique ne lui sert qu’à ça : capter l’instant de la beauté vraie, dénudée de tout artifice. C’est au photographe de trouver la beauté, de fabriquer cette photogénie. C’est à lui de savoir saisir cet instant fugace où, parfaitement en osmose avec son modèle, avec la lumière, avec son environnement, il pourra capturer la beauté d’une scène.
Je reviens après plusieurs semaines d’absence avec ce long article, j’espère lui donner rapidement suite en photo.
Du concert ! Bah ça faisait longtemps tiens. Allez, j’envoie !
PS : J’ai de plus en plus envie de faire des portraits en studio. J’étais plutôt rebutée par ce type d’images au départ, mais en fait, on peut un peu faire ce qu’on veut, laisser exploser sa créativité. Voilà. Bon, le petit problème, c’est juste que je n’ai pas de studio sous la main.
Parce que, parfois, même le ciel bleu et les dorures royales du soleil sont moins attrayantes que la délicatesse d’un monochrome en noir et blanc. Lumière et formes, j’aime l’hiver !
L’hiver, qui dépouille les arbres de leurs feuilles, qui dépouille la forêt de ses couleurs ; teintant ça et là de blanc, la neige pour seule vesture, manteau, bonnet, écharpe, on se croirait presque dans un monde monochrome.
Presque, car ce jour-là, le soleil avait décidé de pointer le bout de son nez, avant goût doré du printemps. Le bleu du ciel en dominante, la nature, en trompe-l’oeil, se joue de nos sens ; on croirait y voir des cerisiers en fleurs.
L’instant E, celui-là même, maintenant. L’instant Ecriture. Suspendu et rapide à la fois, et tout se déconnecte pour mieux se comprendre ; et ton cerveau ignore superbement le monde extérieur pour y mieux voir, pour une in(tro)spection précise et détaillée. L’instant où ton crayon se pose sur ta feuille, créant, du rien, l’instant fragile de l’extrême concentration, qui te laissera vide de tes forces. L’instant sublime de création ; exalté, tu laisses esprit et crayon noircir ces pages, remplir ton âme. D’un souffle, tout s’opère. D’un souffle fragile et bref, l’esprit s’amorce.
Tu ne sais pas pourquoi c’est arrivé maintenant, à ce moment précis de ton existence. Inconscient, à demi saoûlé par l’ivresse créatrice, tu laisses l’imagination faire son oeuvre. Tu laisses les torrents se déverser, se déchaîner les Enfers.
Tu sors de toi-même, tu fouilles plus profond encore. Tu sors du monde, et tu y déboules encore, abasourdi, sonné de ta chute, étonné de ta survie, étonné même de ta propre essence. De te sentir si présent quand tout autour paraît si dérisoire et immatériel.
Les choses résonnent soudain différemment. Comme si tout était plus réel et plus évanescent dans le même temps. Des bribes te reviennent, tu ne sais plus où poser tout ça, sur ton papier blanc, qui n’avait rien demandé. Les mots se brouillent, les mots s’embrouillent, un méli-mélo galopant dans ta boîte cranienne, transformée en night club pour mots en folie, le temps d’écrire.
L’instant E, celui de l’excitation la plus intense mélangée au calme olympien de celui qui façonne, méthodiquement, son oeuvre. Le bonheur suprême et la noirceur tout ensemble ; écrire est une série de contradictions, de paradoxes irrésolus.
Tu pourras continuer des heures, comme ça, mais il faut que tu t’arrêtes. Oui, se contrôler, car la folie guette.
Il faut que tu t’arrêtes.
Voilà devant vos zyeux zébahis mesdames zet messieurs, un condensé des photos du concert des Supervénèr dans la cave d’un charmant petit bar parisien, Les Cariatides. Il va y avoir probablement d’autres photos de concert à venir ; il faut que je me rode (cela ne fait que sept mois que j’ai découvert la photo de concert) !
Breffouille, j’espère que ça vous plaira !
Argentique tic toc. Me revoilà, avec quatorze photos toutes fraîches (enfin presque, je les ai prises sous la défunte neige, c’est dire le retard accumulé ici). Toujours avec mon cher et tendre AE1, objectifs 50mm et 80-200mm !
Il neigeait fort sur *chez moi* ce jour-là, mais, m’armant de courage, je descendis jusqu’au lieu-dit où jadis, la belle dame Blanche de Castille fit construire une abbaye immense, magnifique, dont les arches tutoyaient les cieux, s’épanouissant gracieusement, effleurant les arbres de la forêt. Elle y meurt, même.
De ce domaine magnifique, il ne nous reste que quelques ruines, blanches, sous la neige. Toujours aussi belles et inspirantes.
A la fin de cette série, on trouvera un chat qui dort (pléonasme).
Et pas qu’un peu mon vieux. Je ne poste plus beaucoup ces temps-ci, c’est que c’est … le bordel (pour corréler avec le titre, en un peu plus familier).
Sachez néanmoins (ou nez en moins) qu’arrive un article avec tout plein de photos, réalisées avec mon AE1, qui devient peu à peu aussi indispensable à ma survie photographique que mes yeux. Je prends un plaisir immense à shooter avec cet appareil, il me donne des ailes (et des idées).
Pour l’heure, il faudra vous contenter de cette vache maigre (je parle du présent article), le temps que je scanne mes photos. Le temps aussi que je "développe" toooouuuutes les autres photos prises avec le numérique. Eh oui, le problème, c’est que les photos de concert, c’est loong et pénible à trier et travailler. Bref, du coup là, va falloir être un minimum patient. J’ai shooté pas mal de concerts ces derniers temps, ce fut assez mouvementé (à tous les niveaux).
Allez, salut la compagnie, et pour la route, une toute petite photo même pas retouchée rien, juste parce qu’elle est jolie. C’est la chanteuse du groupe SuperVénèr, du folk/rock/reggae très sympathique, qui passaient aux Cariatides.
Ah oui non, elle est pas toute petite en fait. Je vous la mets en plein format, et toc. Attention les yeux !
Ou encore tique désargentée. Mais je m’égare.
Voici mes premiers essais avec mon Canon AE1 Program. Une envie de retourner à l’état brut d’une photo entre mes mains, de l’incertitude de la réussite, du pas à pas, du risque, de l’attention. J’avais envie de faire attention, de prendre mon temps, de mettre un peu de poésie dans ce qui est devenu si rapide, si simple et si accessible. Le retour à l’argentique, c’est presque un retour aux sources : mon premier appareil photo fut un argentique automatique. C’est avec ces règles, ces exigences que j’avais appris à faire des photos. Je les avais un peu oubliées, laissées au fond d’un des tiroirs de mon cerveau.
J’avais envie de faire du numérique comme de l’argentique – prendre son temps, cadrer, penser à la lumière – mais c’est impossible. On ne prête pas la même attention à l’idée d’une image qu’à une image elle-même. Le numérique, c’est l’idée de la photo. L’argentique, c’est la photo, là, entre mes mains, fragile, palpable, la pellicule à l’intérieur du boîtier. C’est l’excitation de ne pas savoir, l’attente avant de voir le résultat. Et enfin, le plaisir d’avoir un paquet de photographies entre les mains, qu’on regarde précautionneusement en les passant les unes derrière les autres. Le plaisir de se cogner à la réalité, quand c’est raté, quand c’est réussi. Le plaisir sensuel de toucher la réalité d’une idée. C’est magique. Et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai fait ces photos, avec plaisir que je vous les présente (les meilleures sur les 36), et avec crainte.
Les détails techniques : pour la pellicule, c’est une Tri-X 400, je ne développe pas (encore) moi-même mes photos, mais mon excellent photographe en qui j’ai une confiance absolue. Je les ai scannées avec mon petit scanner/imprimante HP, donc le résultat est ce qu’il est, mais moins bon qu’avec un bon scanner.
C’est tout. Let’s enjoy…
Voilà enfin la troisième partie de mes photos en Irlande. Beaucoup de noir et blanc dans cette série-là, sans doute parce que les nuances monochromes vont bien au dramatisme de certains paysages d’Irlande…
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